Presse et commentaires

Presse et commentaires

Compositions imaginaires réalisées avec la plus grande minutie, les dessins d’André Dael s’apparentent au travail d’un orfèvre. Un travail que l’artiste transfigure par une subtile fragmentation des thèmes et un jeu non moins subtil qui multiplie les points de vue – du plus proche au plus lointain – et s’ingénie à décliner les formats. Même si la figuration est au départ absente du propos et si ces structures s’élaborent petit à petit, au gré d’une inspiration avant tout linéaire et scripturale, on ne peut s’empêcher d’y voir naître une forme de paysage, un univers aux connotations organiques, voire l’un de ces délicats fragments de nature que révèle la contemplation de certains tableaux des Primitifs flamands. Fruits d’un dialogue intime avec le papier, les paysages intérieurs d’André Dael prennent vie et s’épanouissent dans la profondeur d’une vision résolument poétique, quasi matiériste, ponctuée d’éblouissements de lumière.

                                                                                                                                    

Didier Paternoster.



La ligne


jusqu'à l'extrémité

jusqu'à sans fin

jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus


vive lumière

à la jointure des cadres

comme issue et hors d'eux


blancheur d'astre

ou d'épaisse trouée


sans arrêt

la main poursuit le geste

la ligne

jusqu'au-delà


G. Martens, 1/2016 - d'après un tableau d'André Dael de la série "Maillage"

Lire n’est pas cette opération, quasi automatique, par laquelle nous condamnerions notre regard à suivre sur une page un fil jusqu’à son bout. Fil qu’il suffirait à notre regard de laisser dérouler placidement pour en saisir tout ce qu’il tisse.

André Dael écrit. Il ne dessine pas, ne peint pas, n’élabore pas une œuvre plastique. A l’encre de chine, dans des « cases » de tailles diverses, il écrit. D’un espace l’autre, en leur sein ou en débordant, se devinent des reliefs, des forêts, des eaux, des villes, des êtres parfois. Il arrive que les cases se brisent, que des halos en sourdent.

Que signifie porter un regard ? Qu’est ce qui en rompt la linéarité ? Quels rapports entretiennent tout et parties ? Qu’est-ce que lire ?

André Dael écrit, et nous le lisons. Et son écriture, comme seules celles qui vaillent, interroge notre lecture. Et nous invite subtilement à l’affiner et à en renouveler le sens.



Emmanuel Requette


mail: arcadel@mac.com

tel: +32 (0) 475 61 79 71

André Dael

oeuvres sur papier

CARNET 28 JANVIER


Osselets d’un paysage

sous la clarté

d’une nuit fine


les vertèbres du chemin

ses rochers et détours

répètent la mélancolie


le voyageur égaré

suit le fil mince

d’une partition intime

 

il  contemple

les constellations ocellées 

à l’arrière de la nuit


la solitude de ses pas

n’est pas hostile

elle rejoint l’origine de sa vie


Serge Meurant

Traits après traits d'un noir d'encre, il vagabonde en train de tracer sans repentir ni intention, en terre inconnue et imprévisible, des territoires hors de prise.

Traces d'être, maintenant, libre.


Y., après la discussion du 8/12/2017 avec A. Dael